Poster une réponse 
 
Note de cette discussion :
  • Moyenne : 0 (0 vote(s))
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Golbar versus Otero
06-15-2007, 03:26 PM
Message : #1
Golbar versus Otero
Il repartit d’un pied ferme, l'épée elfique à la main, droit en direction du Soleil. Sa lame, luisante comme de l'huile à la surface de l'eau, frappait ici et là le décor végétal laissant une trouée spectaculaire dans un tourbillon de feuilles coupées. Quand le soleil atteignit le midi, les arbres commencèrent à se faire un peu plus rares. La végétation jusqu'alors envahissante semblait maintenant avoir retrouvé plus de modestie jusqu'à bientôt raser simplement le sol de quelques dizaines de centimètres. A sa grande surprise, le jeune homme issu d'un bourg rural du fin fond du monde reconnut les rangs alignés et obéissants d'un champ cultivé. S'approchant des cultures, il s'apprêtait à se servir dans le verger qui lui faisait face lorsqu'un petit homme fit son apparition comme par magie.

Il portait un manteau entièrement fait de feuilles diverses, un chapeau de paille et Golbar reconnut à ses pieds des sandales en jonc des rivières. L'homme ressemblait à un nain, surtout de par sa taille, mais son visage était trop fin. Sûrement un métis.
« Bonjour l'ami. Mon nom est Otéro Je vois que tu t’apprêtes à se servir dans mes plantations. Je pourrais m’en offusquer, ne le crois tu pas ? Je vois que cela ne t’arrête pas. Aussi peut-être préféreras-tu savoir qu'une partie d'entre ces juteuses et merveilleuses baies n'est pas comestible ».
À ces mots, le jeune barbare cracha précipitamment par terre les baies rouges ce qu'il avait commencé à ingurgiter.
Otéro continua :
« Je vois que tu es en colère. Pourtant, ce serait moi qui devrait l'être : n'est-ce pas le fruit de mon travail que tu t'apprêtais à me dérober ? Que dis-tu, que mes champs ne sont pas enclôts ? mais enfin, serais-tu en train de m'affirmer que tout ce qui t'appartient ou qui appartient aux tiens se trouve enclôts en toutes circonstances dans ton territoire ou ta propriété ? Mais je vois que cette discussion t’ennuie. Aussi vais-je te proposer un marché : je vais te donner de bon coeur ce petit assortiment de baies et tu laisseras le reste de mes récoltes futures tranquilles»

Golbar hésita. Il avait une excellente arme à la main et il ne faisait aucun doute qu’il sortirait vainqueur d'un duel avec cet homoncule. Il pourrait le vaincre et l'obliger à lui faire avouer quelles étaient les baies comestibles en le forçant à les ingurgiter. Mais, quelque chose de son enfance de fils d'artisan ressurgit à ce moment-là et l'amena à choisir une action plus respectueuse du travail de l'honnête homme. Si l'individu se proposait de lui donner les baies, pourquoi ne pas le croire. Aussi, goûta-t-il avec un peu d'appréhension d'abord les baies rouges qu'il lui tendait. Celles-ci lui apportèrent un bien-être inattendu : ses blessures lui semblaient avoir disparu et il se sentait maintenant capable de marcher du jour de rang sans se fatiguer. C'est donc sans plus aucune appréhension qu'il avala la deuxième partie des baies qui paraissaient du même rouge quoique la suite des événements l'amena à en douter. Immédiatement, il fut pris de maux de ventre qui le clouèrent au sol.

Otéro se mit à rire.
« Tu pensais réellement pouvoir bénéficier de mon travail sans le rémunérer REELLEMENT ? J'ai parmi mes plantations des baies tout aussi rouges que celle que je t'ai donnée et qui ont l'appréciable qualité de mettre fin à tes coliques. Évidemment, cela te coûtera ta bourse ou ce que tu peux posséder de valeur. Hum, dans ton cas, je ne vois que ton épée qui vale la peine que j'allège tes souffrances. Au fait, t’ai-je dit que je suis très croyant et que mon Dieu m'impose si je veux continuer à bénéficier de ses dons, de n'avoir pour paiement que ce que l'on me donne. C'est aussi une des clauses nécessaires pour obtenir sa divine protection contre les mauvais payeurs.
Alors, devant les Dieux, me fais-tu cadeau de cette magnifique épée en échange de baies guérisseuses ? pourrais-tu répéter, je n'entends pas bien ce que tu me réponds entre tes grognements de douleur? »
Otéro s'approcha tout proche de la tête du jeune homme, confiant en la paralysie provoquée par ses fruits.
Aussi, quand il sentit une main puissante lui enserrer la cheville, il ne put empêcher un cri de surprise. Il en poussa d'autres, d'une autre nature quand le colosse se leva avec sa cheville droite dans la main. Il en poussa d'autres encore, visiblement tout douloureux, quand la tête vers le bas, son agresseur le projeta comme un tapis contre un arbre jusqu'à l’effeuiller totalement de ses habits de verdure. Otéro poussa bientôt des cris de tristesse quand les deux dogues à poil roux qu'il avait appelé à sa rescousse furent coupés en quatre morceaux en un seul coup d'épée.
Golbar décida alors d’en rester finalement là.

Après avoir ramassé deux petits sacs de baies tombées au pied de son nudiste d’adversaire, il quitta les lieux en se frayant l'épée à la main à sa manière habituelle un chemin parmi les plantations.
L’épée rougie du sang des baies, il laissa derrière lui un petit homme abattu par son sort et désespéré d’avoir sous estimé la constitution du barbare.

Leo, comme le vent, venant de nulle part et allant partout
Visiter le site internet de cet utilisateur Trouver tous les messages de cet utilisateur
Citer ce message dans une réponse
Poster une réponse 


Aller à :


Utilisateur(s) paracourant cette discussion : 1 Guest(s)