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Golbar 3: le songe de Golbar
06-15-2007, 03:21 PM (Ce message a été modifié le : 06-15-2007 03:23 PM par Leo.)
Message : #1
Golbar 3: le songe de Golbar
Golbar 3 :

Golbar marcha jusqu’à la nuit tombée. Il s’agissait de mettre le plus de distance entre le monde maudit des homme-lézard et sa propre personne. La nuit tombait lorsqu’il pénétra dans une immense clairière circulaire aux dimensions d’une arène. Son odorat félin le mit immédiatement en alerte. Le lieu sentait fortement la cendre ; signe de mort et de dévastation.

Les souvenirs désagréables de son passé de mercenaire lui revinrent en mémoire. Dans des temps qui lui semblaient maintenant lointains, il s’était engagé dans les troupes du Jadugar, le maire du palais et maître de Kenkah. La mission officielle qui était dévolue aux 500 soldats enrôlés parmi les soudards désoeuvrés et désargentés de la ville, était de découvrir et de mettre hors d’état de nuire les bandes d’ hommes-chats qui rançonnaient les villages des hautes collines au nord de Kenkah. Dans la ville, la colère qui grondait parmi le peuple contre les nouveaux impôts municipaux s’était retournée contre ces mystérieux pillards dont les sauvages exploits alimentaient maintenant toutes les conversations des tavernes. Le Jadugar s’était engagé dans un discours flamboyant de mettre fin aux attaques dont étaient victimes les caravanes marchandes et à rétablir la libre circulation des hommes et les marchandises. C’est donc le cœur léger et l’esprit plein de revanche que Golbar et les 500 soudards s’engagèrent vers le septentrion à la poursuite des cruels terroristes des collines. Rapidement, un doute pénétra l’esprit pourtant peu critique du jeune homme. En effet, dès les premiers contacts armés, il s’avéra que les hommes-chats n’étaient pas les hordes inhumaines annoncées mais des petits groupes de paysans hors la loi dont l’activité se limitait à attaquer les collecteurs d’impôts du Jadugar. Ils ne ressemblaient en rien à des chats si ce n’est que leurs vêtements étaient entièrement constitués de peau de chèvre, matériau dont il recouvrait aussi leurs petits boucliers de bois. Les villages des collines ne semblaient nullement rançonnés par ces bandes.
Aussi, les nobles qui dirigeaient la petite armée de Kenkah décrétèrent immédiatement que les villages des collines étaient des bases arrière des bandits chats. Un à un, les hameaux furent « pacifiées » : partout dans les vallées s’élevèrent de sombres fumées noires, tandis que s’allongeait tristement la file des femmes et des enfants enchaînés qui furent par la suite vendus au marché des esclaves du maître de Kenkah. Golbar n’aima guère cette expérience : il était un guerrier , pas un esclavagiste ni un homme de main. C’est avec dégoût qu’il vécut les acclamations triomphales dont l’armée des 500 fut l’objet à son retour à Kenkah.

La surface entière de l’immense clairière était couverte de cendre : aucune végétation ne semblait avoir échappé au feu. Pourtant ce qui impressionnait le plus au milieu du brûlis, c’était l’arbre monumental qui trônait magistralement en son centre. Le jeune guerrier s’avança, l’épée à la main jusque sous la ramure de l’arbre. Il fit le tour du tronc en comptant ces pas : 50 pas ! Jamais il n’avait croisé un tel colosse. Mais au fond, cet arbre tombait bien. Il était aisé d’y grimper tant ses nœuds étaient multiples, et ses larges branches fournissaient autant de havres agréables pour un dormeur à la recherche de sécurité. Après un frugal repas constitué d’un régime entier de bananes, Golbar s’endormit.

Son sommeil ne fut pas des plus agréables. Il aurait aimé revivre une de ses meilleures soirées dans le quartier des prostituées mais ses rêves furent perturbés par l’image d’un grand faucon femelle. La créature, d’une taille fabuleuse était posée en haut d’un arbre lui aussi gigantesque. Elle battait furieuse ment des ailes éparpillant autour d’elle des milliers de petites plumes. Partout où ces dernières touchaient le sol poussaient des plantes, toutes différentes, qui croissaient à leur tour et couvraient l’horizon d’un merveilleux duvet végétal. Les racines de l’arbre sur lequel régnait l’oiseau parcouraient elles aussi le monde jusque dans la mer. Elles ne semblaient rien craindre en dehors des attaques des grenouilles et des lézards, créatures malfaisantes qu’elles tenaient malgré tout à distance aidée d’un poisson , d’un hibou et d’une majestueux étalon blanc tacheté de rouge dont les oreilles. pointaient vers le ciel comme deux dagues. La grenouille était particulièrement dangereuse car elle s’efforçait de ronger les racines de l’arbre fantastique sacré. Et l’oiseau légendaire perché en haut de l’arbre continuait à battre ses ailes. Et partout à la ronde, une pluie de plumes tombait en neige.

C’est alors que Golbar se réveilla dans un énorme éternuement. Il plissa terriblement son nez avant d’ouvrir les yeux et de voir effrayé les plumes magiques voleter tout autour de lui. Une sueur épaisse et froide lui coula le long de la colonne vertébrale et les poils sur son corps entier se dressèrent de frayeur. Finalement, les plumes n’étaient que les pétales de l’arbre qui tombait maintenant. Mille fleurs semblaient être arrivées en même temps à leur dernier instant de vie. Et la clairière de cendre sous ses pas semblait maintenant un immense lac blanc. Le mystère de cette apoptose collective ne perturba pas notre homme qui, s’avisant de l’absence de danger et du lever du soleil, se leva d’un bond et décida de reprendre sa course. il se laissa glisser le long du tronc, piétina l’immense tapis de pétales et quitta la clairière.

Leo, comme le vent, venant de nulle part et allant partout
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